Résumé
Cet article explore deux versions successives d’un même récit fictif écrit, extraites d’un corpus portant sur des écrits scolaires (déposées sur ORTOLANG dans le corpus EMA, Ecrits scolaires et libres d’accès). Ces deux versions manuscrites ont été reproduites informatiquement sous forme de « grand brouillon », à des fins de comparaison et support des annotations des enseignants. L’article analyse la production d’un élève de fin d’école primaire (CM2, 10-11 ans) et plus particulièrement la deuxième version. Il présente d’une part, les traces laissées par les enseignants sur les choix linguistiques de l’élève et d’autre part, leurs commentaires sur les procédés syntaxiques utilisés par ce scripteur pour épaissir son texte. La recherche montre qu’il existe un hiatus entre le discours tenu par les enseignants, tel qu’on l’interprète dans leurs traces, et le faire des élèves. Pour penser une harmonie, il serait bon de généraliser l’utilisation de ces traces inertes en didactique de l’écriture, en classe et en formation, afin d’aider les élèves et les enseignants à percevoir cet invisible syntaxique.