Résumé
Souvent réduit à une question de terminaison ou présenté comme un marqueur du « bon français », le subjonctif demeure un objet d’enseignement central et problématique. Parce qu’il engage la prise en charge énonciative plutôt que la simple référence aux faits, il échappe aux approches strictement morphologiques et sa description scolaire entretient une confusion persistante entre modes et temps. À partir de l’analyse des programmes du cycle 4, des représentations d’élèves et d’un corpus de productions écrites (ÉMA-écrits scolaires), l’article met au jour des décalages entre prescriptions scolaires, descriptions linguistiques et usages effectifs. Si les élèves mobilisent le subjonctif dans certains contextes, leurs critères de choix restent instables, notamment face à la concurrence avec l’infinitif et aux phénomènes de coréférence. En éclairant la dimension syntaxique, modale et pragmatique du mode, cette étude propose une reconfiguration didactique fondée sur l’analyse des alternances et la réécriture réflexive, afin de faire du subjonctif non un objet de mémorisation formelle, mais un levier de compréhension du fonctionnement discursif.