N°4 | Le prédicat, pour quoi faire?

La notion de prédicat est-elle un prétexte à polémique ? Oui d'après le journal Le Monde :

"Comme un polichinelle sortant à nouveau de sa boite, la polémique sur le « pédagogisme » et les nouveaux programmes a rebondi en ce début d’année (électorale). « En 2017, la grammaire est simplifiée, voire négociable », a lancé une professeure ayant participé à une formation en grammaire. « Un nouvel intitulé est apparu, issu du travail des linguistes, appelé le prédicat. C’est, dans une phrase, ce qui se définit par, je cite, ce qu’on dit du sujet », commence-t-elle par dénoncer sur un blog de Télérama." (voir ici même l'article d'Ariane Bach)

"« Le prédicat ?… Une nouveauté ?… Diable !… », répond en effet Christophe Chartreux sur son blog, où il explique que « depuis toujours, [le latin] réserve une place de choix au prédicatsans que cela soulève la moindre protestation ». « Le prédiquoi ? La réponse n’est pas difficile à trouver chez nos amis québécois qui enseignent cette notion depuis plus longtemps que nous : le prédicat, c’est (tout simplement) la fonction du groupe verbal », ajoute le site Charivari à l’école."

Dans les contributions de ce dossier, le concept de prédicat est sollicité pour lire et travailler les constructions verbales (Sophie Fotré), écrire au collège et au lycée (Olivier Godet et Véronique Bruère), former le jugement d’acceptabilité (Marie-Laure Elalouf). La contribution d’Ariane Bach, quant à elle, montre à travers les référencements du mot prédicat sur différents moteurs de recherche entre janvier et juin 2017 comment les blogs d’enseignants ont investi lanotion après une bulle médiatique de courte durée, mais indépendamment des sites institutionnels. Question qui ne peut laisser indifférent un site comme Scolagram, qui cherche des points de passage entre les préoccupations des praticiens et des chercheurs.

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La notion de prédicat apparait dans le bulletin officiel Bulletin officiel spécial n°11 du 26 novembre 2015 http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=94717

Le prédicat est mentionné pour l’étude de la langue dans les cycles 3 et 4, comme compétence permettant « l'analyse des constituants de la phrase simple en constituants obligatoires ».

À partir du 3 janvier 2017, le prédicat a fait l’objet d’une polémique dans les médias. Le présent document a pour but d’observer l’évolution de cette polémique à travers la présence du terme « prédicat » sur internet, par le biais de son référencement sur les moteurs de recherche. La première partie observe le référencement du mot sur les trois moteurs de recherche les plus consultés en France et conclut la justification du choix de Google pour étudier la polémique.

La deuxième partie renvoie à l’article à l’origine de la polémique, et en analyse les composantes qui ont par la suite été reprises par les médias pour entretenir les débats.

La dernière partie s’attache à observer l’évolution des types de sites sur lesquels on voit apparaitre le terme « prédicat », du mois de janvier au mois de juin 2017.

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Pour citer cet article

Bach A. (2017). Le prédicat, chronique d'une polémique. Scolagram n°4, décembre 2017. Retrieved from https://scolagram.u-cergy.fr/index.php/chapter/50-numero-s/n-4-le-predicat-cet-intrus/229-le-predicat-chronique-d-une-polemique

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L’introduction d’un terme nouveau dans une nomenclature grammaticale est source d’interrogations légitimes chez des enseignants qui ont vu les dénominations des classes grammaticales et des fonctions varier selon les programmes et les manuels  : est-ce un terme accessoire qui n’oblige pas l’enseignant à recomposer sa représentation de la langue, voire un simple changement d’étiquette qui peut être ramené à du connu, ou au contraire un terme central dont l’introduction a des conséquences dans la façon d’appréhender les énoncés ? Et si tel est le cas, le cout que représente ce réaménagement cognitif pour l’enseignant est-il justifié au regard des gains supposés pour les élèves sur le plan de la compréhension du système de la langue, de la production et de la réception des énoncés à l’écrit et à l’oral ?

La question se pose concernant la notion de prédicat qui n’appartient pas à la terminologie de 1997 toujours en vigueur. Est-ce un substitut savant du propos qui y figure dans la sous-partie intitulée le texte, couplé avec le thème (p. 10) ? Est-ce un terme qui permet de décrire la structure de la phrase verbale de base ?

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Download this file (elalouf_scolagram_4.pdf)Le prédicat, cet intrus132 kB
Pour citer cet article
Elalouf M.-L. (2017). Le prédicat, cet intrus ? Scolagram n°4, décembre 2017. Retrieved from : https://scolagram.u-cergy.fr/index.php/chapter/50-numero-s/n-4-le-predicat-cet-intrus/228-le-predicat-cet-intrus
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« C’est facile maintenant… Il n’y a plus qu’à rédiger ! »

Il est des paroles d’enseignants, à commencer par les miennes, qui pensaient faire mouche. Et pourtant, le passage du brouillon à la copie, de la liste informelle d’idées à leur formulation écrite rigoureuse, c’est-à-dire conforme à la norme scolaire des épreuves type bac, s’avère être un moment délicat dont nous avons tendance à sous-estimer la difficulté. Au lycée, nous avons abandonné le costume de l’enseignant de français pour revêtir celui de Lettres. Les élèves savent maintenant rédiger ! Cette « vérité » ne faisait aucun doute jusqu’à ce que les trains de copies s’enchaînent avec toujours les mêmes erreurs et qu’une élève rende feuille blanche ou presque car, selon ses propres termes, elle ne savait pas comment mettre « les mots bout à bout ».

« Relisez-vous ! … D’accord, mais vous retirez combien de points pour la langue ? »

Alors que dire de cette injonction de relecture quand rien n’est écrit ou que tout l’est déjà et bien difficile à modifier ? Les corrections peuvent toucher tout ou partie d’une phrase, et éventuellement, par ricochet, un paragraphe entier. N’est-il pas déjà trop tard ? Les ratures et les renvois donneront à la copie finale l’aspect d’un « nouveau brouillon », avec la désagréable impression de ne pas progresser. Au mieux, les élèves pourront donc corriger leur orthographe sans incidence majeure sur le visuel qui doit d’entrée de jeu faire bonne impression. Mais l’orthographe n’est pas la principale responsable de cette gêne qui ralentit la compréhension du propos. La syntaxe est le point de résistance le plus lourd de conséquence, le talon d’Achille de trop nombreux élèves. Loin d’être familiarisés avec les types d’écrits très standardisés, pour ne pas dire stéréotypés, de l’EAF1, ils ne savent pas mettre les mots « en ordre de bataille »2. Ils n’ont pas encore tous cette prise de distance nécessaire et suffisante pour devenir leur propre lecteur ; un lecteur éclairé, capable de différencier ce qui se dit de ce qui s’écrit, d’ajuster le phrasé pour qu’il se fonde dans la norme tout en évitant les lourdeurs et autres maladresses. Ce cap passé, rien n’interdira, en effet, d’exercer le style pour trouver son propre style.

Mais ne brûlons pas les étapes ! Commençons humblement par nous mettre à la place des élèves. Cherchons à comprendre ce qui se joue sur ce fil invisible reliant le cerveau à la plume afin de mieux remédier à ce qui nous crispe, nous irrite et fait de la correction des copies un véritable sacerdoce.

1Épreuve anticipée de français.

2Cf. étymologie du mot syntaxe

Pour citer cet article

Bruere V. (2017). La langue au lycée - La syntaxe à l'épreuve des exercices du baccalauréat. Scolagram n°4, décembre 2017 Retrieved from https://scolagram.u-cergy.fr/index.php/chapter/50-numero-s/n-4-le-predicat-cet-intrus/231-la-syntaxe-a-l-epreuve-des-exercices-du-baccalaureat

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Cette proposition est destinée à des élèves de 5e ; elle articule une séance de lecture et une séance d’étude de la langue. Elle peut prendre place soit dans l'étude de l'oeuvre intégrale ou dans un groupement de textes sur plusieurs exploits des chevaliers. En lecture, une découverte progressive du texte est proposée. Elle s’appuie implicitement sur l’analyse en sujet-prédicat pour élucider le sens du texte en plusieurs étapes. Il s’agit à cette étape d’un savoir que le professeur mobilise pour lui-même afin d’aider les élèves dans la construction de l’interprétation. Le professeur propose aussi aux élèves une version du texte dans laquelle les verbes des prédicats principaux liés à Yvain sont en caractères gras, afin d'entrer dans l'analyse du texte en se centrant sur le chevalier. Ensuite, les élèves seront amenés à examiner d'autres verbes, liés aux deux animaux.

La séance d’étude de la langue permet de revenir sur les relevés effectués pour mettre en évidence la caractéristique commune aux verbes de pensée, celle de pouvoir se construire avec un infinitif ou une subordonnée complément du verbe permettant d’accéder au discours intérieur du personnage.

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Download this file (fotre_elalouf_scolagram_4.pdf)Yvain au secours d'un lion297 kB
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Fotré S. & Elalouf M.-L. (2017) Une séance de lecture et d’étude de la langue s’appuyant sur l’analyse des prédicats par le professeur. Scolagram n°4, décembre 2017. Retrieved from https://scolagram.u-cergy.fr/index.php/chapter/50-numero-s/n-4-le-predicat-cet-intrus/232-une-seance-de-lecture-et-d-etude-de-la-langue-s-appuyant-sur-l-analyse-des-predicats-par-le-professeur

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Comment rendre sensible la notion de syntagme et de fonction grammaticale en s’affranchissant de la question terminologique ?

Les programmes de 2015 insistent sur l’importance des manipulations pour mettre en évidence l’organisation syntaxique tout en évitant l’inflation terminologique. Ils préconisent à cet effet l’utilisation du TNI ou du traitement de texte. Comment cet outil peut-il faciliter la production de texte en rendant perceptibles la cohésion des syntagmes, ainsi que les principes d’organisation de la phrase et de progression textuelle ? C’est ce que nous avons cherché à mettre en évidence à travers l’expérimentation décrite ci-dessous.

Cette expérimentation s’est déroulée en classe de 5e dans un collège REP+, au cours de l’étude du roman de chevalerie Tristan et Yseult. L’objectif était d’accompagner les élèves en difficulté dans la compréhension d’un système syntaxique leur échappant, empêchant par-là même l’acte rédactionnel. Les productions se révélaient en effet à la fois très pauvres, mais surtout pour partie agrammaticales : le concept même d’unité syntaxique semblait échapper au plus grand nombre, la phrase étant alors appréhendée alors comme un vague ensemble de mots entre une majuscule et un point.

L’objectif de cette séquence de travail était d’amener les élèves à produire collectivement un récit de combat à la manière d’un roman de chevalerie. Devant l’incapacité de certains à concevoir un écrit acceptable, il a été question de chercher à débloquer l’acte d’écriture, et ce de manière « sécurisée » sur le plan syntaxique. Ainsi, la tâche s’est échelonnée en deux temps : d’abord permettre la compilation de syntagmes syntaxiquement compatibles entre eux, et ensuite mettre les élèves en situation de production.

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Download this file (godet_scolagram_4.pdf)Rédaction assistée216 kB
Pour citer cet article

Godet O. (2017). De la rédaction assistée à l’appréhension syntaxique : comment le numérique peut éclairer la compréhension de la langue. Scolagram n°4, décembre 2017. Retrieved from https://scolagram.u-cergy.fr/index.php/chapter/50-numero-s/n-4-le-predicat-cet-intrus/233-de-la-redaction-assistee-a-l-apprehension-syntaxique-comment-le-numerique-peut-eclairer-la-comprehension-de-la-langue

Compléments

Vidéo de la séance :

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Cette proposition est destinée à des élèves de 3e ou de 2e, qui ont déjà abordé l’expansion du nom au cours de leur scolarité mais n’ont pas eu l’occasion de réfléchir aux nuances sémantiques distinguant l’adjectif et la subordonnée relative. Dans une perspective de progression spiralaire, il s’agit d’attirer leur attention sur des choix qu’ils ont à effectuer en tant que locuteur pour anticiper sur une possible ambiguïté. C’est pourquoi le point de départ est une situation de communication fictive et l’aboutissement une réflexion sur les enchainements interphrastiques, qui peut être mise en relation avec des difficultés rencontrées par les élèves dans leurs écrits.

L’analyse en sujet/ prédicat sera ainsi sollicitée

  • pour comprendre la différence entre la caractérisation d’un nom par un adjectif et par une proposition relative ;

  • pour poser un jugement d’acceptabilité sur des réécritures.

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Download this file (elalouf2_scolagram_4.pdf)Former le jugement d’acceptabilité78 kB
Pour citer cet article

Elalouf M.L. (2017).Former le jugement d’acceptabilité en recourant à l’analyse en sujet/prédicat. Scolagram n°4, décembre 2017. Retrieved from https://scolagram.u-cergy.fr/index.php/chapter/50-numero-s/n-4-le-predicat-cet-intrus/230-former-le-jugement-d-acceptabilite-en-recourant-a-l-analyse-en-sujet-predicat

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